La Fondation DK
Les Dix
Commandements de la Vie Quotidienne 8
Ne
répondez à la colère par la colère
Répondre à la
colère par la colère est aussi peu sage que d’approcher une fuite de
gaz avec une flamme nue, l’explosion qui en résultera risquant d’être
aussi destructrice. Ce qui s’expose à la destruction, c’est précisément
l’opportunité de communiquer.
En vérité,
consciemment ou inconsciemment, la colère peut surgir lorsqu’il
s’agit d’empêcher que soient faites des déclarations gênantes ou
inconfortables ; Mais trop souvent la dégradation de la
communication est le résultat non prévu mais inévitable d’échanges véhéments,
lesquels par nature sont une piètre opportunité pour faire passer un
message. Nous aimons à penser que notre discours a efficacement fait
taire autrui – c’est la rhétorique même de la colère – mais si
vous avez jamais observé un échange entre deux personnes en colère,
vous constaterez que chacune est tellement « prise » dans ce
qu’elle émet, que ni l’une ni l’autre n’est capable de recevoir
ce que l’autre dit.
La personne
consciente ne peut se permettre d’anéantir les lignes de communication,
que celles-ci existent entre les différentes parties d’elle-même ou
entre elle et une autre personne, ou entre différents groupes de gens,
parce qu’il doit savoir, intellectuellement d’abord (s’il ne peut le
ressentir), que le seul péché est l’hérésie de la séparation. Sans
communication, il y a séparation,
isolement et aliénation.
La colère ne
sert que la réalité séparée qui se sent menacée par des perceptions
et valeurs différentes. Elle exprime l’investissement émotionnel qui
caractérise notre propre façon de considérer la vie.
La colère
vient lorsque nous prenons conscience que quelque chose auquel nous sommes
attachés émotionnellement a été transgressé. Ce quelque chose peut être
précieux pour notre identité spirituelle ou il peut être précieux pour
le soi égotiste. Lorsqu’il est précieux pour notre identité
spirituelle nous l’appelons colère légitime. L’exemple de Jésus
purgeant le temple à Jérusalem est l’exemple le plus fréquemment cité
de colère légitime dans la tradition Chrétienne. Les gens
spirituellement éveillés sont enclins à penser que la colère légitime
est plus acceptable que d’autres genres de colère, ou du moins le
pensaient jusqu’au jour où les extrémistes islamistes lancèrent sans
ménagement sur l’Occident leur propre forme de purge.
On peut
utiliser la colère avec succès. Je pense à un guide qui était capable
de transporter toute une communauté dans un état de super éveil en
tonitruant et tempêtant longuement – des heures durant à certaines
occasions – au sujet d’incartades et du manque d’attention
collectifs. Ces explosions de rage faisaient toutes parties du drame de la
vie en communauté, et étaient destinées à empêcher les gens de
s’endormir et à impressionner leur esprit avec ce qui est important.
L’émotion est un fixateur et le trouble provoqué par les cris aidait
à fixer le message dans la conscience de son public. L’autorité du
guide était telle que personne ne contestait son droit de crier, et il
s’appuyait là dessus. Cette colère qui était sienne s’exprimait par
conséquent dans un environnement contrôlé. Les camps d’entraînement
fonctionnent selon un principe similaire : les responsables
s’appuient sur le fait que leur autorité ne sera pas contestée.
Dans un monde
instable, nous choisissons de
faire passer quelque chose ou d’éveiller quelqu’un grâce à une démonstration
de colère légitime, alors la responsabilité de ce choix et du moment déterminé
pour l’exprimer est nôtre.
Mais
lorsqu’il s’agit de confronter une démonstration de colère légitime
déclenchée par quelqu’un d’autre, alors nous ne pouvons plus dicter
notre loi. Nous devons simplement accepter que quelqu’un est passé
devant nous, et nous devons lui permettre d’émerger de l’autre côté
de l’expérience, à moins que nous voulions détruire toute possibilité
de communiquer par la suite. Nous ne pouvons nous permettre de répondre
à la colère par la colère, légitime ou pas. Une colère légitime qui
confronte une colère légitime reste encore une réaction de colère de
trop.
La personne
consciente a la responsabilité de désamorcer toute situation qui peut
conduire à la séparation et l’isolement quel que soit l’endroit où
elle rencontre une telle situation. C’est un défi immense qui exige que
nous soyons éveillés, parce que la nature de la colère est telle
qu’elle suscite une réaction véhémente chez quiconque a un Mars ‘ réactif
’. « Ce qui se ressemble s’assemble » sur le plan astral.
Les différences
existent, et les attitudes et moyens d’action non constructifs existent
aussi. Ne pas répondre à la colère par la colère ne signifie pas du
tout céder, permettre à autrui de se moquer de vous ni permettre qu’on
vous maltraite ou vous réduise au silence, alors qu’une évaluation réfléchie
de la situation recommande l’adoption d’un autre point de vue. Tout
comme les Dix Commandements de la Vie Moderne donnés par KH,
l’instruction de ne pas répondre à la colère par la colère est un
conseil dans le domaine de la gestion de l’énergie, destiné à nous
aider à utiliser le temps et créer des opportunités, pas simplement
pour nous-mêmes, mais également pour notre planète. Trop souvent pour
les gens au mental spirituel, battre en retraite représente la ligne de
moindre résistance, et ce faisant ils laissent la voie libre à
l’agresseur.
Depuis des siècles
à présent, la spiritualité occidentale s’est exprimée par le moyen
de valeurs passives, témoignant de beaucoup d’appréhension en ce qui
concerne le fait de s’affirmer. Nous vivons avec les conséquences de
ceci dans un monde ainsi façonné qu’il tourne dans un vide spirituel
qui attend d’être comblé par les actions et les initiatives
responsables prises par des gens conscients.
L’instruction
de ne pas répondre à la colère par la colère place sur nous la
responsabilité de trouver une autre voie et peut-être un autre moment
pour faire passer des messages que nous estimons nécessaires. Ceci peut
demander des efforts, de la stratégie, un dur labeur et du courage, mais
la personne qui procède ainsi se donne un avantage parce qu’un accès
de colère peut constituer un avertissement mais certainement pas un bon
argument.
Suzanne Rough
La Fondation DK
Août 2006